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CHEVAL DE POLO: LE JUSTE PRIX?

Mis à jour : 22 févr. 2019

« De zéro à l’infini ! ». Au polo, on ne s’aventure à parler de prix qu’avec beaucoup de prudence. Les connaisseurs vous diront qu’un bon cheval de polo a une valeur, pas un prix. De toute façon, il n’y a pas de critères établis ou de barèmes qui fixent le prix d'un cheval de polo, comme cela peut exister dans d’autres disciplines équestres.

Par Axelle De Borger

Photos Antoine Delaporte


S’il fallait néanmoins définir le juste prix d’un cheval de polo, la chose est d’autant moins simple qu’il n’y a pas un mais plusieurs prix. Il y a le juste prix de revient, le juste prix de jeu, et au polo plus qu’ailleurs, le juste prix affectif.


Le prix d’un cheval de polo s’établit en fonction du moment donné. Celui où un cavalier est intéressé par le cheval et celui où le propriétaire a envie de vendre son cheval.


Dans l’achat d’un cheval de polo, on regarde ses qualités intrinsèques bien avant ses origines, ce qui différencie le milieu du polo de celui des courses où l’on achète un cheval en fonction des qualités du père et de la mère. Aux courses on vend un potentiel. Au polo on vend un résultat. On vend la façon de jouer d’un cheval de polo.


En Argentine cependant, la vente des chevaux commence à s’organiser autour des critères génétiques des poulains. Mais ce n’est encore qu’un début par rapport aux courses où cette approche existe depuis plus de cent ans.



En France, il n’y a pas de « côte » pour les chevaux de polo et il n’existe pas de marché de dédié et organisé en raison du fait qu’il n’y a pas suffisamment de tournois de très haut niveau. Quatre ou cinq éleveurs essaient de faire de leurs poulains des chevaux de polo et de les vendre (ou non) en fonction de leur valeur sportive.


En Angleterre, aux Etats-Unis ou en Argentine, il y a davantage de high goal. Le cheval prend de ce fait une toute autre valeur, surtout quand on sait que c’est le cheval qui, à 80%, fait la différence dans le jeu.


Si l’on considère que le juste prix est le prix de revient, sera-t-il le prix pour faire venir un cheval d’Argentine ou le prix du temps passé à dresser un cheval en France ? Voire les deux ?

En faisant venir un cheval d’Argentine, on sait que cela coûtera d’emblée le prix d’un billet d’avion entre 7 et 8.000 euros. A cela s’ajoute le prix du jeune cheval, entre 4.000 et 6.000 dollars, prix auquel les douanes l’évaluent. Ce sera un cheval qui sait jouer au polo, avec lequel on peut taper la balle sur les quatre côtés mais dont le dressage n’est souvent pas achevé. A ce stade on ne sait pas ce qu’il va donner en Europe. Il faudra compter une acclimatation d’un an environ. En additionnant ces différents facteurs, on obtient la valeur minimale d’un jeune cheval de polo importé.



Si l’on achète un cheval né en France, cela prendra trois ans pour l’élever, et coûtera entre 1.500 et 2.000 euros par an. On arrivera vite au même coût que celui d’un cheval importé.


Aujourd’hui quelques joueurs professionnels français sont pourtant en train de constituer leur propre cheptel, Pierre Henri Ngoumou, Thibault Guillemin, Jérôme Anier. Pour un joueur professionnel, c’est plus facile financièrement d’investir un peu d’argent tous les ans pour « faire » un cheval en France plutôt que d’avancer une somme importante pour faire venir un cheval par avion.


Il existe aussi la possibilité d’acheter entre 1.000 et 1.500 euros dans des élevages français, des chevaux jugés trop petits pour les courses hippiques, de les dresser pour le polo et d’obtenir - peut-être - de très bons chevaux de polo.


Si par chance, un dresseur « sort » un très bon cheval, il arrive même que ce dernier reprenne le chemin de l’Amérique. C’est l’exemple d’une excellente jument vendue à un prix honorable en France, partie aux Etats-Unis jouer l’US Open, puis l’Open de Palermo. Elle a été revendue là-bas dix fois son prix car ses performances en high goal l’avait valorisée. Ce prix-là, c’est le prix de jeu.


Ce sera toujours le cavalier qui a mis en valeur le cheval, qui réalisera ce prix. Ce ne sera pas celui qui l’a introduit dans le circuit, l’éleveur, ou même le dresseur. Et ce ne sera pas l’européen qui fera la plus belle plus-value en raison du niveau de jeu moindre du circuit européen. Les meilleures plus-values s’effectuent sur les circuits américains.



Et puis il y a le prix affectif… On voit des chevaux en osmose parfaite avec leur cavalier. Cheval, joueur, les deux ne font qu’un. Et ça n’a pas de prix. Le joueur professionnel qui a trouvé son cheval idéal ne peut pas le vendre. C’est impossible.


C’est pourquoi il faut toujours demander le prix d’un cheval avant même de l’essayer. Si on demande le prix après, et que le vendeur voit que le courant passe entre le cavalier et le cheval, il risque fort de gonfler le prix.


Y a-t-il vraiment un juste prix pour un cheval de polo ? Ce qui est rare est cher, mais au polo ce qui est rare ne se vend pas. La jument qui permet à son cavalier de gagner un match, la jument la plus rapide, la plus maniable, la plus unique, n’a pas de prix pour la simple raison qu’elle n’est pas sur le marché.


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