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Métier, Réparateur de maillet

Martin Sirvent vient de Rio Cuarto, en Argentine. Chaque saison, il installe son atelier dans la cour de la Ferme d’Apremont. Professionnel de polo depuis le début des années 1990, il commence sa carrière à Genève, puis à Chantilly. Martin Sirvent est à présent réparateur de maillets.

Par Axelle De Borger

Photos Antoine Delaporte

« En realidad nous sommes d’abord des fabriquants de maillets ». Il fait de la réparation ici en France et en Argentine depuis qu’il est joueur professionnel mais cela fait bien plus longtemps qu’il est fabriquant.

« C’est un métier très artisanal. J’aime beaucoup travailler avec les mains. On fait tout nous-mêmes. On n’a pas de grosse machine pour réparer » explique Martin Sirvent. « Fabriquer, réparer les cannes, les grips, c’est ma passion ».


Des choses ardues dans son métier, il n’en voit pas vraiment. « La seule difficulté c’est de trouver pour chaque client le bon maillet qué çà lui va. Mais ce n’est pas un truc trop compliqué non plus » s’amuse Martin Sirvent. Chaque joueur a pourtant ses demandes particulières : le poids du maillet, le poids de la tête, le grip, la couleur. « C’est très personnel, le maillet ».

Pour les joueurs débutants, Martin Sirvent donne des conseils pour bien choisir. Maillets légers pour femmes et enfants, maillets normaux, maillets plus lourds pour ceux qui veulent. Il donne aussi des conseils pour bien tenir le maillet.

Martin Sirvent le confirme, on lui demande désormais surtout des maillets légers. C’est devenu la norme. Mais quel que soit le choix du maillet, les matériaux utilisés restent les mêmes. Ce qui fait la différence, c’est la qualité des cannes. C’est une matière naturelle. Certaines sont meilleures ou plus légères que d’autres.


« Il existe aussi des maillets en fibre de carbone, mais c’est une fibre compliquée. L’avantage avec les cannes naturelles, c’est qu’elles ont des champs d’air qui absorbent les vibrations. On n’a pas trop mal au poignet, au coude et à l’épaule. Dans la fibre de carbone on n’a pas encore trouvé la matière qui absorbe les vibrations au moment de la frappe. Moi, je fais uniquement de la canne ».

Après toutes ces années à fabriquer et réparer des maillets, il arrive encore à Martin Sirvent d’être surpris. « Pour la première fois de ma vie de fabriquant de maillet, et j’en fabrique depuis 1985, j’ai fabriqué un 55 ! Une commande que j’ai expédiée aux Pays-Bas. Dommage, je n’ai pu voir ni la taille du joueur, ni celle du cheval ».

Des conseils pour entretenir les maillets, Martin Sirvent en donne aussi bien sûr. « Surtout ne pas laisser les maillets au soleil. Les entreposer dans un endroit sec, sinon ils s’abîment. Pour l’entretien, une fois par an mettre une petite couche de vernis sur la tête et sur la canne, çà leur fait du bien ».

Ce qui n’empêche pas, à la longue, les maillets de s’abîmer. Leur durée de vie est très variable. « Parfois tu as un maillet qui va durer toute la vie et parfois tu as un maillet qui va casser tout de suite dans un accrochage, et c’est fini ». La partie la plus vulnérable du maillet se trouve entre la tête et la canne. La balle rebondit et tape souvent à cet endroit.


« Si çà casse, on répare, il n’y a pas de problème. On peut tout réparer et tout modifier sur un maillet. Si un client m’apporte un maillet et me demande de mettre une tête plus lourde ou plus légère, je peux le faire. S’il me demande de modifier le grip, la dragonne ou la couleur, je peux le faire. On fait tout. Un maillet n’est jamais complètement fichu. Si dans un accrochage un maillet est coupé en deux, on peut en faire un maillet à pieds ! »

Ce qui donne la pêche à Martin Sirvent, c’est de voir arriver un client dans son atelier pour lui dire que son maillet frappe bien. « Cela me donne l’envie de faire encore mieux. On apprend toujours, dans tous les métiers ». Mathieu Delfosse, Thibault Guillemin ou encore Pancho Bensadon lui confient ses maillets. Au fil des années, Martin Sirvent observe les joueurs et voit évoluer le sport. Il regarde et fait lui aussi évoluer ses maillets. Et ce n’est jamais fini.


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