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Tout savoir sur le polo

EMILIE ET MAXIME. METIER, PETISERAS

Mis à jour : 4 avr. 2019

C’est d’abord une envie de grand air. Une affinité avec les chevaux et la nature. Et le sentiment que les études, ce n’est pas son truc. De l’oxygène et du crin, pour ne pas dire du cran. Voilà comment on devient petisera.

Par Axelle De Borger

Photos Antoine Delaporte


Emilie Caux est originaire de Senlis. Picarde de 29 ans, elle « bosse dans les chevaux » depuis l’âge de 17 ans. Fixée depuis deux saisons auprès d’un patron, capitaine d’équipe de polo, Emilie a auparavant fait le tour du monde équestre et des grosses écuries.


« J’ai un Bac Pro Conduite-et-gestion-d’une-exploitation-agricole-option-jeunes-chevaux-et-élevage. Je l’ai passé près d’Amiens. Pas envie d’aller à l’école. Alors mes parents m’ont envoyée là-bas. Après j’ai passé mon monitorat et j’ai travaillé au centre équestre de Senlis. J’ai ensuite bossé un peu dans le trot. Je faisais du débourrage. Suis passée dans le domaine de la chasse pour m’occuper des chevaux de chasse. Mon patron d’alors avait également des chevaux de polo. C’est ainsi que je suis arrivée dans le polo il y a six ans. J’ai passé un an à la Moinerie pour divers patrons. J’ai fait l’Open de France avec Murus Sanctus. J’ai travaillé un hiver à Sainte-Mesme. Puis mon patron actuel m’a appelée pour me dire qu’il avait besoin de quelqu’un à l’année. Ça fait à présent deux ans que je travaille à plein temps pour lui ».


Avec le polo, Emilie a trouvé son point de chute. De son patron elle dit « c’est une bonne rencontre ».

Pour Maxime Levrat, 26 ans, originaire de Lyon, devenir petisera c’était presque naturel. Pour le travail des chevaux et pour ne pas rester enfermée. « Je suis née dans le polo. Mon père est dans le polo depuis 25 ans. Il a démarré avec Philippe Perrier à Lyon. Il a créé le Polo Club de la Plaine de l’Ain. Moi cela fait cinq ans que je travaille à plein temps dans le polo. Je voulais passer mon bac et partir travailler avec mon père dans les chevaux, mais c’était un peu difficile à avaler pour mes parents. Alors je suis allée en Fac pendant trois ans et j’ai essayé trois choses différentes, la compta, la communication et de l’art et culture. Au bout de trois ans j’ai fait comprendre à mes parents que ce n’était pas çà. Et me voilà petisera. Je n’ai pas de formation particulière, j’ai tout appris sur le tas. Je suis juste née sur un cheval. »


Avec Emilie ou Maxime, une journée type en saison commence toujours de la même façon. « On arrive aux écuries vers 5h. On nourrit les chevaux. On fait les boxes. A 6h on est sur la piste avec un lot de chevaux. Une heure de piste, on rentre, on douche les chevaux, on les brosse. On fait les soins classiques, on passe la tondeuse si nécessaire, on attend le maréchal-ferrant, le vétérinaire parfois aussi. Vers 10h30, on a terminé. On revient vers 15h. L’après-midi on refait un lot de chevaux ou on les monte individuellement et on repart pour une heure de piste. Le soir rebelote, on douche, on fait les soins si nécessaire, et on met les chevaux aux boxes, avec foin et granulés ».



Les jours de match, elles sortent les chevaux moins longtemps le matin sur la piste, juste pour les détendre et pour voir s’il n’y a pas de problème. « On essaie de finir tôt pour qu’ils puissent se reposer avant le match. On leur met les bandes avec de l’argile ou de l’alcool, cela dépend du terrain, et puis on les rentre et on les nourrit. Deux heures et demie avant le match, on sort les chevaux et on les prépare. On met de la graisse sur les sabots, on les fait tout beaux. On prépare la malletta, le sac dans lequel on met les bandes, les filets et le petit matériel. On arrive sur le terrain une heure avant le coup d’envoi. Après le match, on douche les chevaux, on fait les soins, on vérifie les tendons et si le match a eu lieu en matinée, on les fait marcher vingt minutes en fin de journée pour les détendre ».


D’une écurie à l’autre le travail reste plus ou moins le même. Dans certaines équipes on va privilégier le travail au pas ou le travail individuel. D’autres vont passer plus de temps sur la piste à trotter, surtout si les juments au sortir de l’hiver sont un peu grosses. Après c’est le niveau de jeu qui fait la différence. Les chevaux qui font du 4/6 goals ne sont pas les mêmes que ceux qui font du 20 goals.


Emilie et Maxime n’échangeraient leur activité pour aucune autre. D’abord pour la liberté dont elles disposent dans leur travail. Chaque petisera est responsable de huit à dix chevaux en fonction des saisons, chevaux dont elles s’occupent de A à Z. Le professionnel (argentin), manager de l’équipe, donne les instructions pour le travail plus approfondi du cheval et pour les questions un peu plus techniques. Pour le reste, elles savent ce qu’elles doivent faire.


Ensuite pour l’ambiance. « Au polo, les gens ont beaucoup d’argent, mais ils disent toujours bonjour et merci. C’est la différence avec le CSO ou le Complet où l’ambiance est plutôt à s’envoyer des coups de fusil » souligne Emilie. « Et puis il y a les argentins. Ce ne sont pas des gens qui se plaignent, parce que là-bas s’ils ne travaillent pas, ils ne mangent pas. Ils bossent, ils sont toujours là pour donner un coup de main, ils m’ont appris plein de choses. C’est une ambiance vraiment différente ».


Et Maxime de confirmer. « Dans les courses, le garçon d’écurie, on ne le calcule même pas. Ici, l’ambiance est amicale. Ça parle espagnol toute la journée. On boit le maté à la pause. C’est l’occasion de rencontrer des personnes qui viennent de partout. »


Le polo c’est aussi l’occasion de voyager. Maxime a fait deux saisons de polo en Australie, a passé l’hiver en Argentine et garde un souvenir fort de Sotogrande où elle a servi dans le 22 goals. « C’était plus de pression mais arriver en finale de la Coupe d’argent, c’était génial. J’étais fière de mes chevaux, fière d’être là-bas ! ».



Bien sûr il y a des moments contraignants, des choses qu’on aime moins faire, les boxes pour l’une ou les cuirs pour l’autre. Il y a aussi la difficulté de construire une vie personnelle. Mais il y a surtout de grands moments de joie. Si pour Maxime c’était Sotogrande, pour Emilie ce fut l’Open de France. « Mon patron et son équipe voulaient vraiment le gagner. C’était une très belle récompense que de gagner l’Open avec eux ! ».


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