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BRIEUC RIGAUX PORTE BIEN LE POLO FRANÇAIS


A l’occasion du 20ème anniversaire du Polo Club du Domaine de Chantilly, en mai 2016, la France affrontait pour la première fois une sélection officielle argentine. Une équipe de France et un match porté par un sportif dont le charisme profite à l’ensemble de ce sport encore très intimiste : Brieuc Rigaux, n°1 français et handicap 6.

Par Pascal Renauldon


Ce match tant attendu avait pourtant bien failli ne pas avoir lieu. Annoncé à grand renfort de communication, l’événement devait être une fête sportive sans précédent. Pour la première fois de son histoire, une génération entière de joueurs de polo français avait atteint un niveau suffisant pour pouvoir affronter une équipe officielle argentine. Une bande de copains qui progressent ensemble depuis qu’ils sont mômes grâce notamment aux structures du Polo Club de Chantilly créées par Patrick Guerrand-Hermès en 1996. Clément Delfosse (31 ans, handicap 5), Pierre Henri Ngoumou (30 ans, h6), Patrick Paillol (31 ans, h5) et leur leader Brieuc Rigaux (34 ans, h6) qui ce jour-là avaient la rage et l’envie d’en découdre avec équipe emblématique argentine.


La jeune Fédération française de polo étant encore peu structurée et surtout disposant de peu de moyens (seule fédération sportive ne bénéficiant d’aucune aide publique), ce sont les joueurs eux-mêmes qui se sont mis en quatre pour rassembler un piquet d’une quarantaine de chevaux compétitifs, notamment Clément Delfosse et Patrick Paillol qui n’en disposaient pas suffisamment et qui ont dû en louer avec leurs propres deniers! Une équipe de France autonome, mais peu importe le sacrifice quand une telle occasion se présente. Les Bleus attendaient les Celestes le couteau entre les dents !


Et un grain de sable est venu se ficher dans ce rouage : un de ces déluges du mois de mai qui a poussé une organisation trop prudente à annuler le match le matin même. C’était sans compter sur l’opiniâtreté des deux capitaines. L’immense Argentin, brillant produit de la célèbre famille Heguy, Pancho Bensadon (handicap 8) et le leader de cette belle équipe de France, Brieuc Rigaux ont tenu à jouer ce match, même dans un format réduit de quatre chukkers au lieu de six. Avec au passage un coup de chapeau au greenkeeper du club, Philip Carter, dont la géniale compétence avait permis de rendre ce terrain d’honneur jouable dans ces conditions extrêmes.


Les Français savaient qu’ils faisaient là un cadeau non seulement au public (beaucoup d’aficionados s’étaient quand même déplacés malgré l’annulation), mais également aux Argentins. Car ces derniers avaient toute leur organisation, chevaux et cavaliers, sur place. Ce qui n’était pas le cas des Bleus. Le capitaine a battu le rappel : deux joueurs étaient à Paris et ont « rappliqué » à toute vitesse ! Sans leurs chevaux restés soit en Normandie, soit dans les clubs de l’ouest parisien. Sous l’impulsion de Brieuc Rigaux, tous les joueurs professionnels français de Chantilly (Adrien LeGallo, Clément Gosset, Edouard Pan) se sont mobilisés pour prêter leurs chevaux à leurs potes de l’équipe de France qui n’avaient pas les leurs sur place.


Un bel élan de solidarité pour cette équipe et d’amitié entre pros. Le résultat (6-11) n’avait ici que peu d’importance (sauf peut-être pour l’Argentine qui n’aurait pas digéré un échec, quelles que fussent les conditions !). L’essentiel était de voir cette équipe de France se structurer et progresser dans un bel élan dynamisé par les joueurs eux-mêmes et leur meneur.

Du gamin du village au meilleur joueur français

Brieuc Rigaux est un « pur produit » du Polo Club du Domaine de Chantilly. Ce gamin du village d’Apremont a vu le polo club s’installer sur les labours de « La Ferme » transformés en tapis verts. Du haut de ses 14 ans, attiré par les chevaux, il est allé proposer ses services pour brosser quelques chevaux. Pour le remercier, le club l’a mis à poney et très vite, on s’est rendu compte que le môme avait du talent. Autant à cheval qu’avec un maillet qu’un ami argentin lui avait mis un jour entre les mains. Si bien que les capitaines d’équipe du club se sont intéressés à ce jeune surdoué et l’ont pris sous leurs coupes.


Rapidement, le jeune Apremontois a progressé et s’est retrouvé engagé dans les grandes équipes françaises : In The Wings (André Fabre), Castel (Philippe Fatien avec qui il a gagné l’Open de France) ou La Palmeraie (Patrick Guerrand Hermès avec qui il a remporté la mythique Coupe d’Or de Deauville aux côtés d’un certain Gonzalito Pieres). Rapidement, il est devenu le pilier de l’équipe de France avec laquelle il est sacré champion d’Europe en 2002 et a joué la petite finale du Championnat du monde en 2004.


Pour rester compétitif, le jeune joueur a dû s’organiser au fil des années et notamment se constituer un piquet de chevaux performants. Des chevaux importés d’Argentine d’abord et, progressivement, des pur-sang qu’il forme lui-même avec son fidèle petisero et domador argentin, Luciano Martinez. Car avant d’être « joueur », avant d’être « cavalier », Brieuc est avant tout un homme de cheval passionné. A Chantilly, il connaît individuellement tous les chevaux du club (« Un avantage quand je dois les affronter ») et lorsqu’il se rend à Palermo, pour suivre l’Open d’Argentine, aucun des chevaux se présentant sur le stade ne lui est étranger et, pour certains, il en connaît même les petites histoires.


A Chantilly, il supervise et visite lui-même quotidiennement ses chevaux lorsqu’ils sont au pré en période de repos, même au plus froid de l’hiver, dans la boue, sous la pluie ou la neige.

Actuellement, Brieuc joue essentiellement pour deux grandes équipes : Lynx, l’équipe du Suisse Cyrille Costes avec qui il a remporté la Coupe PGH et la Charity Cup à Chantilly et le Jaeger-LeCoultre Polo Masters de Genève et Sainte-Mesme, l’équipe de la famille Strom avec qui il rêve de remporter l’Open de France dont ils ont déjà été finalistes en 2014.


Promu handicap 6 il y a deux ans, ce nouveau rang lui ouvre de nouvelles perspectives, notamment celle de pouvoir jouer, par exemple, la Copa Cámara de los disputados, antichambre de l’Open d’Argentine. Un véritable challenge pour lequel il doit se constituer un piquet de chevaux en Argentine où il devra y passer trois mois.


Pour cela, il a loué une écurie avec terrain sur les terres de polo de Pilar, à 50 kilomètres au nord de Buenos Aires, où sont rassemblées lors de la grande saison toutes les grandes équipes. Une région où l’on ne compte pas moins de 70 clubs et environ 300 terrains de polo!


Bref, avec ce nouvel handicap, le n°1 français s’est trouvé de nouvelles ambitions, de nouveaux objectifs et s’en donne les moyens. Et on rêve de revoir Brieuc Rigaux et cette belle équipe de France le plus vite possible.


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